La banque vue par d’anciens banquiers…

A l’affiche jusqu’au 2 janvier 2016 à la Comédie de la Gare, à Genève, le spectacle «Les Banquiers» enchaîne des sketches ironiques sur le monde bancaire d’hier et d’aujourd’hui.

De la banque et du microcosme au sein duquel elle gravite autour d’elle, tout le monde parle. Les scandales se succèdent, des réglementations sont mises en place et pourtant rien ne semble changer. Les bonus bancaires sont toujours démentiels et la banque gagne toujours de l’argent sur le dos de ceux qui n’en ont pas, notamment grâce aux intérêts sur les découverts qu’elle-même autorise… Alors, quand deux anciens banquiers, Matthias Leonhard Lang et Derek Robin, s’y collent, nous sommes en alerte, car nous pensons que des révélations seront au menu, voire un ou deux scoops annoncés. Mais il n’en est rien, et c’est bien dommage. Peut-être est-ce moi qui suis trop au fait de ce qui se passe dans cet univers, soit disant opaque, où tout est assez limpide finalement : la seule chose qui compte est d’engranger le maximum d’argent en faisant, soi-même, le minimum, et en ne tenant aucun compte des conséquences de ses propres actions sur autrui.

Tout ceci est très bien décortiqué grâce à des situations cocasses et créatives : le banquier qui se découvre une conscience et qui consulte un psy spécialiste de la branche, l’enterrement du secret bancaire, ou encore la scène chez le «Grand Maître». Les idées ne manquent pas, certes, mais il existe un tel décalage d’interprétation entre les acteurs qu’à la longue, le public éprouve un sentiment de gêne. L’excellent Matthias Leonhard Lang semble surjouer alors que c’est son partenaire qui reste sur le même registre quels que soient les sketches. Le rythme n’est pas assez soutenu et la direction d’acteur terne.

Si vous avez encore des illusions sur le monde de la finance, vous rirez, si vous n’en avez plus, vous vous contentez simplement de sourire. A mon avis, le spectacle arrive trop tard dans la chronologie récente des événements de la finance. Il aurait dû être présenté avant la crise de 2008. Il aurait alors eu l’effet d’un «whistleblower» et son impact en eu été irremplaçable.

Réservations : www.comediedelagare.ch ou 0900 907 907 de Suisse ou 0899 23 32 32 de France.

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Natacha de Santignac

kaleidoscopes.ch