« Asphalte » ou dentelle ? [Critique Ciné]

Dans son dernier film « Asphalte », Samuel Benchetrit déploie un accordéon de rencontres improbables tout en dentelle et en finesse.

Dans un décor gris, sans beauté apparente, sans chaleur palpable, où tout évoque l’errance, trois rencontres, hors du temps, suspendues, nous invitent à la contemplation de la vie qui passe en tissant des liens entre des êtres que tout sépare.

Sternkowitz et son infirmière, Jeanne – une comédienne à la retraite et le jeune Charly, l’astronaute McKenzie et Madame Hamida, incarnent des personnalités et des parcours extrêmes de notre temps, et nous révèlent avec luminosité que tous les êtres humains ont les mêmes besoins, les mêmes aspirations, les mêmes désirs, la même curiosité, la même vitalité, quelque soit leur âge, leur condition sociale ou encore leur culture.

Au fil du temps qui ponctue en pointillé ce petit bijou, on se délecte, on vibre, on est touché au cœur par l’éventail des attentions qui se tisse entre les personnages et qui, somme toute, ne sont que de petites touches de pur amour.

Les acteurs, Isabelle Hupert, Gustave Kervern, Valeria Bruni-Tedeschi, Tassadit Mandi et Michael Pitt sonnent justes et nous offrent des perles de poésie rares. Le jeune Jules Benchetrit crève tout simplement l’écran, et déroule magistralement une piste de lumière aveuglante pour Isabelle Hupert.

Il n’y a rien à comprendre, il suffit de se laisser porter. C’est sublime.

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Natacha de Santignac

kaleidoscopes.ch